Eté 2010, le projet mariage en cours sur le site du GN fait que nous devons remonter sur Lerné. Via le forum des Barokeurs, j’ai découvert une école de dressage qui traîne de bons échos dans son sillage, il s’agit de celle du Jalinier, prise en charge depuis un an par Simon Gleize, de deux ans mon cadet. Fichtre, me voilà plus âgé qu’un de mes enseignants, ça va faire bizarre, me dis-je. Mais point de conflit générationnel, un échange sans doute plus facile et le talent n’attend pas forcément la décrépitude, je fonce donc !
Nous partçmes cinq cents……kilomètres, Sirius, Leeloo et moi, un peu juste pour le co-voiturage, certes, d’autant que la charrette est assez remplie . Mais pas peur, motivée, les bestioles rentrent dans leurs boites respectives sans faire d’histoires et nous voilà partis. 6h plus tard, nous voici sur les lieux (et sans me perdre !) paumé dans le limousin. C’est……………..vert ! trèèèèèès vert, et cela fait un bien fou ! D’ailleurs, une charmante damoiselle me fait signe de me garer. Et me voilà d’emblée prise d’assaut par trois agréables personnes et deux chiens. On range le bestiau, on me nourrit et on m’installe. Me voici comme un coq en pâte,mais je vois les ennuis venir : « l’effet Leeloo » fait des siennes et je me dis que je risque de rentrer sans mon chien. D’abord, va falloir veiller au grain car le Simon envisage sérieusement de me taxer mon clébar ! Ensuite, américan staff ou pas, la crevette de 5 Kg décide qu’elle est chez elle et que c’est à eux de plier sous son joug totalitaire. Bien heureusement j’ai réussi à ramener tout le monde à la maison et je tiens à saluer la zenitude de l’environnement canin du Jalinier ! Quelques images des lieux :

Le box, la grange pour stocker le matos et le gçte

Le fameux manège, fonctionnel et confortable, même quand on ne monte pas.

l'entrée, face au gçte
Stage très instructif et très perturbant au début car il faut réapprendre à monter à cheval et se faire aux métaphores de Simon sans rougir ou éclater de rire. On a travaillé sur le couple, les sensations et la communication et tout de suite cela devient plus efficace.
Autre point intéressant, c’est temps que l’on passe à le voir monter, à papoter, car, outre les deux séances par jour, on passe la journée avec lui et du coup on en sort avec beaucoup plus de pistes de réflexion, pas seulement sur la technique, mais sur plein d’autres choses.
C’est parti pour le détail.
Jour 1 : la loose.
Première séance : Simon me demande de travailler Sirius en détente comme d’habitude. Oui mais voilà, la bestiole boitait depuis une semaine (plaie sous le paturon), et moi, ça me stresse qu’on me regarde. Autant dire que nous ne fûmes pas brillants… Du coup nos travers en furent d’autant plus éclatants ! Simon arrête le massacre et donne son verdict : Sirius est tout pourri au niveau du jarret gauche (ce qui explique ses difficultés), mais cela n’est pas irrémédiable et moi, droite comme un i, toute raide, qui monte « club » (c-à-d avec main et jambe). Bon, y a du taff car d’une part il y a des problèmes physiques et, d’autre part, 15 ans de monte où l’on m’a tanné pour prendre une position qui se révèle être mauvaise ! Il va falloir oublier les : « descends tes mains, appuie sur tes talons, mets-toi en arrière, pousse avec le bassin, regarde où tu vas », chose que je ne faisais pas naturellement et qui ont été conditionnées. Arg.
Donc, la position selon Simon : juste droite (pas en arrière, en conservant la cambrure naturelle du bassin), être plus souple (pour quelqu’un qui a 15 ans de danse, c’est assez paradoxal de s’entendre dire que l’on est raide….mais tellement vrai) et suivre le cheval dans ses mouvements. Songer aux correspondances entre notre corps et le sien, et bouger en conséquence nuque, épaules, rachis et bassin. Exemple : pour tourner, préparer en pesant à l’extérieur (cela évite qu’il ne se couche dans le cercle) et en s’incurvant soi-même depuis la nuque, reculer l’épaule intérieure et le soutenir avec la rêne intérieure tout en maintenant basse et fixe la rêne extérieure. Pour se faire une idée plus imagée, se référer aux images de tauromachie où de la Guérinière.
Premiers exercices pour s’entraçner à anticiper et à doser les aides : enchaçnement de 2 demi voltes renversées en changeant les aides sur la ligne droite, puis volte de 6m entre des plots au pas et au trot, puis sans les plots. Rien que ça, ce fut difficile car il faut songer à soi, aux aides, au cheval, à la géométrie des figures et à la canalisation des hanches, et avec un seul cerveau impressionnable, c’est pas assez ! Mais on s’en tire à peu près honorablement.
Deuxième séance : On se met au boulot. Après une courte détente, on travaille sur l’allongement du pas. Nouveauté là encore, ça ne sert à rien de pomper avec le bassin (à part défoncer le dos du cheval), mais il s’agit d’avoir la sensation d’être tirée par le col, de pencher un peu le buste, d’accompagner le mouvement occasionné, d’activer avec la jambe intérieure et de maintenir la mise en main par la rêne extérieure. Et c’est fou, ça marche !
Puis on a repris les voltes de 5m, dans les coins cette fois (mémo : peser à l’ext., vriller le corps, soutenir la main intérieure, incurver par la jambe int. et canaliser par la rêne ext.), puis les demi voltes renversées en 8 au pas et au trot.
Pour enchainer rectitude et incurvation, on bosse les serpentines, une fois au pas, puis direct au trot. Il s’agit d’anticiper la position à chaque fois et de veiller au tracer en remettant droit entre chaque courbe.
Puis, travail sur les départs au galop. On les fait du trot. Partir sur une piste int. (+/- 1m50 de la piste), puis rejoindre la piste en pesant à l’ext. et avec la jambe int. et demander au moment où l’on rejoint la piste. Cela évite qu’il ne parte en se traversant, uniquement avec la jambe extérieure. Puis on travaille sur la cadence sur de courts cercles, avec la même attention à la position (vriller le corps, soutien de la rêne int et maintient de l’allure et de l’incurvation par la jambe int.)
Remarque : Sirius se balade dans le couloir des aides, il va falloir être plus rigoureuse car il trouve facilement la faille pour s’échapper.
Jour 2 : L’EED
1. Je détend seule en reprenant les exo de la veille : les 3 cercles sur toute la largeur, des voltes de 6m dans les coins, les demi voltes renversées, allongements et départs au galop. Sirius se met rapidement au travail et reste concentré. On commence le travail en fixant les aides en multipliant les figures : voltes, demi volte, doubler et serpentine.
On attaque les épaules en dedans. Première remarque : ce qui muscle le cheval, ce n’est pas d’enquiller 30m d’EED où il va se crisper, mais l’alternance épaule / hanche. Il s’agit donc de laisser passer puis de retenir les épaules, d’aspirer le cheval en mettant le poid du corps vers l’extérieur, et d’imaginer un troll nous fonçant dessus depuis l’intérieur (donc, torsion du buste vers la croupe). Ecouter où l’on va et non regarder, alterner main et jambe pour mettre les épaules devant et mobiliser les hanches. Pour ce faire on commence par doubler sur la ligne médiane et l’on rejoint la piste comme indiqué (ne pas oublier le troll !). Puis même chose sur la piste.
2. La deuxième séance a pour objet la même chose, mais en plus poussé, notamment à propos de moi : il faut être moins figée, donc, me redresser, être plus souple dans les mouvements, ne pas le coincer dans une attitude et faire l’exercice, car il s’agit de l’assouplir, donc il faut mobiliser les différentes parties du corps de façon plus coulante.
L’EED travaille en pli intérieur, il faut donc laisser passer les épaules, puis les retenir pour déplacer les hanches. Cela fait plus jouer les muscles, assoupli davantage, n’enferme pas le cheval dans une attitude figée et favorise croisement/impulsion.
Observation de ses séances de travail : Il commence par détendre à la longe, puis le travail se fait au pas, puis au trot et enfin au galop. Il effectue beaucoup de changements de main, en cercle, puis en volte de 5m en 8, multplie les EED et contre EED, chasse et rentre les hanches sur le cercle, puis fait ce que¬¨‚Ćj’ appellerai « cession EED » (=cession doublée d’une EED, cf la séance précédente).
Jour 3 : EEd et Contre EED
1. La détente se fait comme d’habitude, cette fois Sirius est un peu crispé au départ, mais je parviens à davantage jouer sur le poids du corps, ce qui le met plus à l’écoute.
On démarre avec les contre EED : on part sur une demi volte, en rejoignant la piste on démarre une contre EED sur le grand côté, puis le petit côté où l’on enchaçne un cercle complet. Pour conserver la mise en main, retenir et laisser passer les épaules par la rêne intérieure qui va ver le jarret ext. + maintenir la rêne d’ouverture ext pour conserver le pli => la rêne ext. dirige et rassemble. Cet exercice se pratique au pas et au trot.
Puis on tente un enchainement : 1/2 volte, contre EED, 1/2 volte toujours en contre EED, redresser sur la ligne droite et départ au galop.
2. On commence à enchaçner divers exercices, au pas, puis au trot : d’abord doubler sur la médiane, partir en « cession EED » et faire des transitions pendant l’exo. Puis 1/2 volte, contre EED, 1/2 volte en contre EED, rejoindre la piste en « cession EED » et départ au galop. Enfin, on commence les EED au galop en doublant sur la médiane, puis « attention au taureau ! » on rejoint la piste en « cession EED ».
Remarque sur l’action des jambes : arrêter de l’asticoter ! Tenir la jambe droite et agir avec la cuisse et le genou avant le mollet. Attaquer à l’éperon s’il n’y a pas de réaction.
Remarque sur l’action des mains : les tenir devant et agir vers le haut (les ongles au ciel) et faire attention aux mouvements de poignet vers le bas, juste jouer avec les doigts.
Remarque sur l’action du buste : il n’y a pas forcément de transfert de poids, mais les mouvement partent de la taille et des côtes, puis s’étendent aux épaules et à la nuque. Le bassin ne doit pas se déplacer.
Petite balade champêtre à la suite de la séance. Réflexion à ce sujet : on est trop planplan, il n’est plus à l’écoute des jambes. Il serait donc bon de le mettre davantage en avant, de le rendre plus réactif à mes demandes. Autoriser les frayeurs et les sur-impulsions mais les contrôler, sans les réprimer (en profiter pour bosser !).
Jour 4 : vers l’appuyer
Je tente la détente à la longe. Pas mal, ça le gonfle toujours autant mais lui apprend à ne pas zapper les coins.
On passera la séance au pas. On reprend les exo d’EED (« cession EED », sur le grand côté et ajout d’un cercle en EED) et de contre EED (demi volte, C-EED, demi volte en C-EED et EED vers la piste).
Ex 1 : demi cercle en EED et tête au mur une fois sur la piste
Ex 2 : demi volte, C-EED, demi volte en C-EED et une fois sur la ligne du milieu, appuyer. On profite de l’envie d’échapper à la contre épaule en dedans.
Ex 3 : doubler, EED vers la piste, laisser passer les épaules et faire une tête au mur sur la piste
Remarques : S’il se crispe, descendre la main ext. et monter la main int. . Dans l’appuyer, c’est comme l’EED : on laisse passer les épaules, puis les hanches.On retient les épaules par la main extérieure au mouvement. La seule différence est dans la colonne qui aspire vers l’intérieur (et ça c’est vachement dur !).
Voilà, un stage fort instructif et efficace, où j’ai réappris à monter à cheval et où on a commencé à avoir des mouvements fluides et souples. Cela laisse présager de nombreuses possibilités et une bonne progression ! Un grand merci à Simon et à Magalie pour leurs sages conseils et leur accueil des plus chaleureux !
Suite à ce stage j’ai un peu travaillé en balade et sur le site du GN, on passe bien tout cela, et on commence à avoir des EED et appuyers au galop pas mauvais du tout.
Video à venir….