GN 2011

Enfin, l’autre gros morceau du voyage de cet été : le grandeur nature. Cette fois, Sirius fit plus qu’une modeste contribution.
Tout d’abord, la magie du gn ou la façon de vivre à 27 ans le trip de ses 8 ans : on a commencé en mode licorne noire dans la forêt, chevauchée par une dryade pas très sympa qui charge un peu les joueurs en balançant des sorts (pour diverses raisons scénaristiques). Lui il s’est éclaté à courir en forêt, et visiblement, il apprécie le concept de la charge, seul point négatif, son acharnement à vouloir becqueter les feuilles en plastoc qui nous habillaient.

Puis apparition en pégase qui vient faire flipper tout le monde pour pousser les joueurs à aller explorer la tour et ses souterrains, et là, ce fut plus compliqué. Heureusement, en ce qui concerne le costume, disons que Sirius s’en tamponne l’oeil avec une babouche :
Le crash test chez Laetitia

Puis en action :

Mais là où ce fut plus chaud, c’est quand ça a commencé à se bastonner en beuglant de tous les côtés autour (oui, les mecs peinturluré en noir suffisants et un peu agressifs ont tendance à susciter des mouvements d’humeur chez le joueur), et qu’un psychopathe a chargé par derrière et à mis un « coup » de masse (c’est de la mousse et c’est fait assez doucement….mais quand même) sur la croupe de la bête, bon sang, j’ai béni mon canasson d’être resté si calme, de ne pas avoir paniqué et surtout de ne quasi jamais botter, d’autant qu’il y a eu un autre type qui est passé juste devant et s’est écroulé à 2m pile à ce moment.
La seule chose qui le gonflait était de devoir rester statique et attendre, ce qui n’est pas son point fort.
En tout cas, ce cheval m’étonnera toujours, il me fait des sursauts d’un mètre quand une barrière claque un peu fort en balade (et encore, que sur les circuits qu’il connait, et souvent à la maison), mais il ne bouge pas et fait son cake quand une 50aine de personnes se tatannent en gueulant à 5 mètres de lui, voire le chargent……

Enfin bref, de super expériences encore une fois !! Merci Sirius !

Stage chez Laetitia Letourneur

Le temps d’une petite semaine de repos sous le soleil du sud pour nous réchauffer de la semaine de rando et nous voilà de nouveau sur la route, vers l’ouest cette fois, au nord d’Angoulême. Notre périple nous mène chez Laetitia Letourneur, cavalière chez Michel Henriquet durant un an et demi, écuyère de l’Académie équestre de Versailles et ancienne membre de la troupe de Zingaro pour l’opus Triptyke. Un joli pedigree non ? En tout cas suffisamment attractif pour que j’embarque toute la troupe sur les 8h de trajet que cela demande !

Une fois arrivée, verdict : encore un très bel endroit !! Décidément, nous en faisons collection.

Le lieu se nomme "l'écurie du cheval de fer", allez savoir pourquoi ......

Les boxes, impeccables, j'ai trouvé plus maniaque que moi !

Une oeuvre à la craie sur la chaux, on ressent l'influence de Bartabas

Un paddock herbeux en guise de détente pour Sirius.

L’hébergement se fait dans le petit camping municipal de Nanteuil en vallée, à 5 minutes de l’écurie, spartiate mais très correct et, surtout, pas cher !

Mon emplacement ombragé

De gauche à droite : la chambre, la salle à manger, qui fait aussi salon et coin sieste, et ma grosse valise rouge.

Le contact a été fort sympathique, Laetitia étant quelqu’un d’humble d’une grande simplicité et qui, une fois qu’on a réussi à lui faire abandonner le vouvoiement, papote bien volontiers et livre plein plein d’anecdotes marrantes sur son passé pour le moins agité dans le monde équestre. En bref, quelqu’un dont les capacités n’ont pas fait attraper la grosse tête. Portraits avec son jeune cheval Trouvère (4 ans) :

Travail en douceur et dans la légèreté

c'est ce que l'on appelle une connexion

Maintenant le contenu de nos deux séances quotidiennes :

Jour 1 :

Matin : Observation de la détente, et pour une fois, des remarques positives ressortent d’emblée. Quelques conseils préliminaires : chercher une attitude plus basse au trot dans la détente et entrer dans les coins avec la jambe interne. Grande première pour nous qui ne les faisons jamais à la maison (trop de mauvaises herbes et sol trop dur). Puis nous travaillons d’abord sur l’épaule en dedans au pas d’abord, puis au trot, à partir de cercles, puis sur la piste. Et là, lumière, j’ai enfin réussi à mettre en application les préceptes d’Henriquet au sujet de l’emploi des rênes (comme quoi, les bouquins c’est bien, mais avoir quelqu’un au milieu qui explique et y fait penser, c’est mieux !). La théorie est de bien préparer le départ, par la jambe interne, et recevoir le tout sur la rêne extérieure (attention à rester bien détendue…) et faire vibrer la rêne intérieure seulement pour conserver le pli. Puis autre exercice : faire une demi volte et rester en contre épaule en dedans en suivant la lice. Passer ainsi le petit côté en faisant les coins : attention à bien conserver la rêne extérieure au pli afin de ne pas perdre l’incurvation. Suite de cet exercice : passer en cession en EED sur la diagonale.

A propos de ma position : c’est pas mal, mais garder les coudes au corps, lever les yeux et ranger ces foutues pointes de pied.

Après-midi : Courte détente que nous avons agrémentée de davantages de transitions et d’épaules en avant. Il était principalement question du galop, notre faiblesse à tous deux, donc une séance un peu plus courte elle aussi. Constat : il part ouvert (souvent en dépit de tout travail préparatoire….) et pas sous lui. Les pistes de travail proposées pour ce début du travail du galop : le mettre sur un cercle et toucher le postérieur interne avec le stick, mais problème, il a tendance à chasser les hanches au lieu d’engager. Seconde piste : travailler le départ à partir de l’épaule en dedans et partir en cercle en conservant l’incurvation, mais partir seulement s’il est léger en bouche.

Jour 2 :

Matin : Sirius est grincheux : les autres sont sortis au paddock et lui reste tout seul aux écuries à attendre le cours, il va donc falloir composer avec cela. Ce matin, c’est Laetitia qui s’y colle, afin d’en savoir plus sur le noireau. Je me charge donc de la détente pour commencer, tentant d’assimiler les préceptes de Laetitia, à savoir rentrer les pointes de pied en réorientant la jambe à partir du genou et soutenir davantage les épaules par la rêne extérieure, notamment à droite, qui est la mauvaise main de Sirius. Puis Laetitia fait un premier essai avec ma selle, pas évident de s’y placer… elle fait plusieurs test sur les EED en divers endroits du manège, puis attaque les hanches en dedans, le travail des allures. Verdict, un gentil cheval qui donne, essaie quand il ne comprend pas, qui est régulier dans ses allures, mais attention aux épaules qu’il tente de laisser échapper pour se soustraire au travail. De même, poursuivre le travail de re-sensibilisation à la jambe. Puis je reprends ma bête et nous revenons sur les exercices de la veille.

Après-midi : Après une courte détente, nous travaillons les transitions, revenant sur le travail que l’on fait à la maison sur ce point. Puis nous travaillons le galop à faux, en commençant par une demi volte au galop, on rejoint la piste et l’on passe le petit côté, on passe la diagonale pour atterrir sur le bon pied. Pas facile, car il n’est pas sous lui. Autre exercice : partir à faux sur le grand côté et faire de même : petit côté et diagonale. Puis nous passons à un travail de transitions sur la diagonale : galop/trot/galop, puis galop/pas/galop, exercice qui lui va bien car il lui permet de plus s’assoir et se mettre sur les hanches.

Jour 3 :

Matin : Nous menons la détente comme d’habitude, à savoir cercles et coins en maintenant la rêne extérieure, transitions diverses et variées, attention à la position. Nous commençons le travail par les EED et HED au pas : la rêne intérieure doit vibrer sans arrêt pour alléger le côté du pli et la commissure « main fixe, doigts mobiles » – la rêne extérieure conserve un contact fixe et se charge de la cadence, de l’allure et de la direction des épaules « la rêne intérieure c’est pour les nuls, la rêne extérieure c’est celle des écuyers ». Ensuite nous passons au HED au trot après un petit cercle (jouer sur la rêne intérieure pour garder le pli, utiliser la rêne extérieure pour canaliser les épaules et porter le poids du corps sur l’intérieur). Puis nous passons aux appuyers au pas en partant sur une diagonale, et au trot en partant de la ligne du milieu vers la piste (attention à être moins crispée sur l’intérieur et à bien solliciter les hanches).

Après-midi : Une très bonne détente où nous multiplions les transitions et les types d’exercices pour le rendre plus vibrant et dynamique. Puis c’est Laetitia qui s’y remet avec sa selle (rhaaa la Devoucoux, ou la découverte d’une selle technique, en effet, ça n’a rien à voir), avec pour conseil de continuer à être vigilante sur la rêne extérieure et de faire des transitions dans les EED. Ensuite nous travaillons encore le galop pour le rassembler : sur le cercle, conserver le vibrant de la rêne intérieure, toucher le postérieur interne avec le stick, équilibrer avec la main extérieure (vers le haut, agir et céder) et se grandir en montant le nombril vers les mains.

Jour 4 :

Matin : Détente d’un quart d’heure. Sirius manque un peu d’impulsion mis reste à l’écoute et donne un travail propre. Voici le déroulement de le détente : au pas, cercles aux quatre coins, même chose au trot. Aux deux allures, épaule en avant et transitions montantes, transitions sur le cercle et en ligne droite, puis multiples départs au galop, après une épaule en avant (notamment à droite).  Et le travail commence, sur de multiples exercices. Au pas, puis au trot, aux deux mains, nous enchaînons cercle, EED, demi volte, contre EED, passer le petit côté, faire la diagonale en EED. Puis cercle, hanche en dedans, doubler sur la ligne du milieu, appuyer. Ensuite, nous rassemblons le trot, par l’exercice de « l’accordéon », en faisant diverses transitions : se faire lourde dans la selle (« se faire lourd dans les viscères »), se grandir, soutenir avec la rêne extérieure. Au niveau des sensations : Sirius cherche, un coup c’est l’arrière main qui remonte, un coup c’est l’avant, sur deux foulées il y a eu les deux ! Puis nous passons au galop, nous faisons de multiples transitions galop/pas, ce pour quoi nous devons soigner les départs et l’allure en jouant et en détendant davantage la commissure interne. Et on refait l’accordéon.

Après-midi : petite pause après cette dure séance, nous partons en balade. Cette partie de la Charente est très jolie aussi, il y a de superbes chemins et de jolis coins.

Jour 5 :

Matin : Bon, forcément, ça ne pouvait pas rester aussi bien tout le temps, donc, il pleut, mais nous sommes vaillants, et nous tenons bon. Nous reprenons les mêmes exercices que la veille : Sirius est beaucoup plus en avant et tout passe avec une déconcertante fluidité et une bonne régularité. Pour les HED et les appuyers : attention à la main interne qui doit rééquilibrer si besoin, mais toujours être mobile. Nous avons eu de bons débuts de passage (plus simple si quelqu’un à la croupe) avec de très belles foulées.

Après-midi : Allez, il pleut encore ! On reprend les exercices d’assouplissement précédents et on remet le paquet sur le galop, notamment le galop à faux. Tout d’abord nous faisons une demi volte après le départ, nous passons les deux coins du petit côté, nous partons sur la diagonale et on se met sur un cercle pour rééquilibrer tout ce bazar. Seconde période : on commence par un appuyer au pas, on part à faux une fois sur la piste, on passe le petit côté, on prend la diagonale et on passe sur un cercle en rééquilibrant. il faut viser un galop plus soutenu, plus rassemblé et plus rond et dans le galop à faux, il faut se grandir, conserver le pli extérieur et rééquilibrer avec la rêne extérieure au pli.

Jour 6 :

Matin : Idem que la veille

Après-midi : Idem que la veille, avec des conseils en plus au galop. Au galop à gauche : laisser tomber le pli (il en met trop) et pour le rassembler, soutenir l’avant main avec la rêne extérieure, activer le postérieur interne et continuer à détendre sur la rêne intérieure. Mettre moins de jambe (pour moins le porter), sauf la jambe interne s’il se couche, redresser le haut du corps et ne pas crisper les reins, mais au contraire, se faire plus lourd. Au galop à droite, même chose, juste contrôler qu’il y ait l’incurvation de base.

Vraiment un très bon apprentissage, une super semaine malgré la pluie qui s’est invitée. On a bien progressé tous les deux et appris plein de choses. Merci Laetitia !

Rando en Aveyron

Et nous voilà repartis pour un tour, vers le nord cette fois, au pays du couteau et du fromage, puisque c’est à Cabels, petit hameau près de Laguiole que nous avons posé nos bagages pour un périple de 6 jours.

Arrivée lundi : l’apocalypse ! Il pleut, 9° en plein mois de juillet et Sirius se voit attribué un bourbier infâme en guise de paddock. Mais pas de place ailleurs, il faudra donc s’en contenter. L’accueil est assez mitigé et pas des plus chaleureux, les chiens ne sont pas admis à l’intérieur. Bon sang l’angoisse, je me fais l’effet d’atterrir chez les Ténardiers, que diable allons-nous faire dans cette galère ? Allez, haut les coeurs, j’installe tout le monde, les chiens me suivent dans la chambre et dans la sellerie, je range le matos, récupère une carte et m’enquiers des balades à faire dans le coin, car après tout, on est là pour ça ! Première bouffée d’air frais : il y en a plein et assez longues. Comble de bonheur, la pluie se calme un peu. Je bénis cent fois l’ami qui m’a fait penser à mon Kway, le récupère, laisse les chiens dans la chambre et file chercher Sirius pour une petite baladounette, histoire de commencer à faire connaissance avec les lieux et les types de chemins que l’on trouve ici. Nous partons faire une petite boucle de 45 minutes près du lac de Galens et nous remontons à Cabels, esquivant l’ondée qui se profilait à l’horizon. Un début prometteur : du dénivelé, plein de chemins différents, allant du petit sentier qui serpente entre les arbres à la piste forestière, en passant par les chemins entre deux champs où paissent les vaches. Sirius réagit très bien, mêmes réactions qu’à la maison,mais les flaques de gadoue lui plaisent très moyennement (ben oui, il en a assez comme ça dans son paddock !).

Le gîte (ne vous fiez pas au rayon de soleil, cette photo a été prise l'avant dernier jour, pendant la seule heure d'ensoleillement)

Une vue d'ensemble : mur en pierre et toit de lauze, même sous la pluie il restait joli

Mardi : forcément, il flotte toute la matinée, Sirius est transit de froid, mais il trouve un coin sous les arbres où il peut demeurer plus ou moins au sec. Nous restons donc sur place pour le moment. L’après-midi nous offre une accalmie et nous partons donc faire le vrai tour de ce lac et allons en exploration sur d’autres chemins. Durée de la balade : 2h40. Un point noir : un guet à passer. Là, Sirius se campe les 4 fers dans la gadoue et refuse d’avancer, rien n’y fait, quelle que soit la méthode employée, il refuse d’y aller, même lorsque je me perche sur un caillou au bord de l’eau pour qu’il y mette un pied. Au bout d’un quart d’heure de confrontation, il ne reste qu’une seule solution (non, pas faire demi tour, je m’y refuse) : j’enlève mes boots, remonte mon pantalon et passe devant, les pieds dans la flotte, et miracle, sans même se faire prier, la sale bête me suit comme si de rien n’était, l’air de dire « si je dois me mouiller les pieds, t’y passeras toi aussi ! » Saleté va ! Bref, deux mètres plus loin, je me rechausse, le fusille du regard et remonte. De jolis chemins pour trotter et pour galoper un peu et nous voilà de retour.

Sur les rives du lac

Encore les rives boisées

Je parviens à faire en sorte que Sirius passe la nuit au sec dans l’une des stalles où leurs chevaux sont à l’attache la journée. Ça lui a fait du bien d’être au sec un moment.

Mercredi : sur les conseils du mono, nous partons l’après midi (oui c’est le seul moment où il pleut moins dans ce pays) faire un belle balade de 2h30 vers Hautun. Une rando magnifique ! Avec un long passage à flanc de montagne dans les gorges sur une piste forestière plate, herbeuse et chargée de framboises. Evidement, oubli de l’appareil photo…..

Jeudi : petite pause pour récupérer, nous ne faisons qu’1h30 de balade ce jour-là et nous retournons au lac pour passer ce fichu guet. Aucun problème cette fois, il y passe tout seul, à présent qu’il sait qu’il n’y a pas de risque de se noyer…

.un petit quart d'heure de pique nique dans un champ

Vendredi : les choses sérieuses commencent. Nous partons cette fois 3h pique niquer au Bousquet. Là encore un joli chemin, qui alterne bois, champ, hameau, et un peu de route avec deux passages compliqués car deux portions de chemin sont encaissées dans un ruisseau avec pas mal de cailloux assez glissants. Je précède donc Sirius, afin qu’il n’ait que son équilibre à gérer et surtout aussi afin d’éviter de me manger une branche dans la tête, car il y en a beaucoup justement à cet endroit. Il progresse bien, il a enfin compris l’intérêt de regarder où il met les pieds et choisit plus judicieusement ses passages. A l’arrivée, un joli château du XIVème nous accueille de sa hauteur. Bien sûr nous ne pouvons que profiter de la vue et dire bonjour à l’âne qui garde les lieux.

le château du Bousquet (merci aux gentils touristes qui ont bien voulu faire la photo)

La vue sur le chemin du retour

Une rencontre inopinée avant un buisson de mûriers

L’après midi, je laisse ma monture se reposer et pars avec les chiens en virée sur le plateau de l’Aubrac, où nous faisons des rencontres assez étranges…

Saint Chély d'Aubrac

le plateau de l'Aubrac : enfin un peu de ciel bleu (ce sera la seule fois de tout le séjour)

quelques chevaux très curieux des chiens

Et des Alpagas, des animaux assez agressifs envers les chiens, en mouvement, ça a l'air vraiment idiot comme bestiole

Samedi : avant de repartir, nous faisons une dernière balade, 3 heures aussi, vers Crozillac. Pas mal de dénivelé, la bête fatigue un peu dans les allures enlevées, mais elle tient bien le coup, sans trop souffler quand on reste au pas. Une belle vue nous accompagne tout le long du trajet, on peut dire bonjour à un chevreuil et là encore, on esquive la pluie.

Puis nous rentrons à Perpignan, au terme de 4h30 de route où le vent a eu la bonté de nous accompagner tout le long de la route…….hélas.

Verdict : Un cheval qui progresse en attention, en souffle et en muscle, pas une seule fois il n’y a eu a moindre trace de transpiration ou la sensation de fatigue ou d’abattement, il a eu l’air de se régaler autant que moi sur chaque sortie (au sens propre comme au figuré), visiblement cette sortie a eu l’air de lui plaire. Une expérience à retenter autant de fois que possible ! La France est vaste et propose un immense terrain de jeu en perspective.

Balade à la plage

Profitant que l’été se fasse désirer et qu’une relative fraîcheur baigne nos caniculaires régions, nous nous dirigeons vers Villelongue de la Salanque, petite ville proche de Canet. Grande première pour le petit noiraud qui va partir à l’assaut des vagues.
Nous partîmes cinq cents et par un prompt renfort,
nous nous vîmes……3 en atteignant les abords…
…de la plage des gens tout nu.
Pas très épique certes, mais une fine équipe : une ponette anguille et un Ouzo des Dieux, étalon crème « macho macho man », pour accompagner le Sirius sur cette première découverte.

Autre première : embarquer dans un van, en ressortir, (jusque là pas de problème) pour partir presque immédiatement vers l’infini et au delà, avec de parfaits inconnus.
Je m’attendais à une chochotte implosive, du à la surexcitation causée par l’expérience, ces nouvelles têtes et cet univers inconnu, et ma foi, j’ai eu droit à…….Sirius, normal, pas stressé pour deux sous, chochotte tout de même une fois qu’il s’est calé derrière l’anguille et qu’elle avait peur d’un truc, mais plus de problème lorsqu’il prenait le parti de repasser en cheval de tête.

Du coup deux heures géniales, où le soleil a eu la bonne idée de s’inviter, et moultes nouveautés se sont présentées, depuis l’Ouzo barrissant ses prérogatives au petit pont dans le style équitation de travail qu’on s’est amusé à franchir, depuis l’espèce d’énorme tuyau dans lequel nous sommes passé jusqu’à ce « grand terrain vague, mais où y a pas de mob’, et alors devant, une piscine hyper grande et qui remue vachement, qui remue un peu comme quand le gros Bob il plonge du trois mètres »
Du coup, pas de bonjour aux poissons ( Sirius n’aime pas quand Bob il plonge…), mais on s’en est approché d’assez près pour une première rencontre psychologique afin d’appréhender l’étrangeté de la chose.

Noir et turquoise : l'accord des couleur..........ça rappelle un autre événement, non ?

L'amour, c'est regarder à deux dans la même direction...

En mode : Cheval de Neptune hirsute

Cette fois on fait les malins à coup de pas espagnol

Remise en place de la mèche, l'air alerte

FIn de l'épisode, concluant !

Bon anniversaire Sirius !

Voilà, deux ans de vie commune aujourd’hui, et il fête sa neuvième année (pour cela, la date est parfaitement arbitraire, car je ne sais quand il est né, je groupe donc les deux événements).

Que de progrès parcourus depuis :¬¨‚Ćune relation forte et complexe où chacun s’amuse de l’autre, une belle évolution physique et mentale (enfin mes doigts sont en sécurité !) à la fois pour le dressage et la rando !

Merci pour tout ce que tu m’offres !

Mariage

Et voilà, après 9 ans de vie commune avec mon cher et tendre, ça y est, on s’est passé la bague au doigt. Bon, il ne s’agissait pas d’un mariage classique évidemment, c’est pas notre genre, mais d’un mariage médiéval à forte tendance rôlistique. Evidemment, ma condition sine qua non, mon seul caprice : que Sirius soit de la partie. Tous les invités étaient donc déguisés et nous sommes allés du site à la mairie à cheval, deux calèches étaient dispo pour les moins vaillants et les invités suivaient à pied (c’était à 10 minutes). Voilà, on organisait tout de A à Z, ce fut mémorable et fort sympathique, tout le monde s’étant prêté au jeu. Un grand merci à mon Sirius d’avoir su gérer les 130 personnes assemblées, les bannières, les applaudissements, les calèches qui grincent sans¬¨‚Ćmanifester autre chose que de l’impatience¬¨‚Ć!

Galop du retour avec Patout en mode chevalier du zodiaque

Stage Chez Simon Gleize

Eté 2010, le projet mariage en cours sur le site du GN fait que nous devons remonter sur Lerné. Via le forum des Barokeurs, j’ai découvert une école de dressage qui traîne de bons échos dans son sillage, il s’agit de celle du Jalinier, prise en charge depuis un an par Simon Gleize, de deux ans mon cadet. Fichtre, me voilà plus âgé qu’un de mes enseignants, ça va faire bizarre, me dis-je. Mais point de conflit générationnel, un échange sans doute plus facile et le talent n’attend pas forcément la décrépitude, je fonce donc !

Nous partçmes cinq cents……kilomètres, Sirius, Leeloo et moi, un peu juste pour le co-voiturage, certes, d’autant que la charrette est assez remplie . Mais pas peur, motivée, les bestioles rentrent dans leurs boites respectives sans faire d’histoires et nous voilà partis. 6h plus tard, nous voici sur les lieux (et sans me perdre !) paumé dans le limousin. C’est……………..vert ! trèèèèèès vert, et cela fait un bien fou ! D’ailleurs, une charmante damoiselle me fait signe de me garer. Et me voilà d’emblée prise d’assaut par trois agréables personnes et deux chiens. On range le bestiau, on me nourrit et on m’installe. Me voici comme un coq en pâte,mais je vois les ennuis venir : « l’effet Leeloo » fait des siennes et je me dis que je risque de rentrer sans mon chien. D’abord, va falloir veiller au grain car le Simon envisage sérieusement de me taxer mon clébar ! Ensuite, américan staff ou pas, la crevette de 5 Kg décide qu’elle est chez elle et que c’est à eux de plier sous son joug totalitaire. Bien heureusement j’ai réussi à ramener tout le monde à la maison et je tiens à saluer la zenitude de l’environnement canin du Jalinier ! Quelques images des lieux :

Le box, la grange pour stocker le matos et le gçte

Le fameux manège, fonctionnel et confortable, même quand on ne monte pas.

l'entrée, face au gçte

Stage très instructif et très perturbant au début car il faut réapprendre à monter à cheval et se faire aux métaphores de Simon sans rougir ou éclater de rire. On a travaillé sur le couple, les sensations et la communication et tout de suite cela devient plus efficace.
Autre point intéressant, c’est temps que l’on passe à le voir monter, à papoter, car, outre les deux séances par jour, on passe la journée avec lui et du coup on en sort avec beaucoup plus de pistes de réflexion, pas seulement sur la technique, mais sur plein d’autres choses.

C’est parti pour le détail.

Jour 1 : la loose.

Première séance : Simon me demande de travailler Sirius en détente comme d’habitude. Oui mais voilà, la bestiole boitait depuis une semaine (plaie sous le paturon), et moi, ça me stresse qu’on me regarde. Autant dire que nous ne fûmes pas brillants… Du coup nos travers en furent d’autant plus éclatants ! Simon arrête le massacre et donne son verdict : Sirius est tout pourri au niveau du jarret gauche (ce qui explique ses difficultés), mais cela n’est pas irrémédiable et moi, droite comme un i, toute raide, qui monte « club » (c-à-d avec main et jambe). Bon, y a du taff car d’une part il y a des problèmes physiques et, d’autre part, 15 ans de monte où l’on m’a tanné pour prendre une position qui se révèle être mauvaise ! Il va falloir oublier les : « descends tes mains, appuie sur tes talons, mets-toi en arrière, pousse avec le bassin, regarde où tu vas », chose que je ne faisais pas naturellement et qui ont été conditionnées. Arg.

Donc, la position selon Simon : juste droite (pas en arrière, en conservant la cambrure naturelle du bassin), être plus souple (pour quelqu’un qui a 15 ans de danse, c’est assez paradoxal de s’entendre dire que l’on est raide….mais tellement vrai) et suivre le cheval dans ses mouvements. Songer aux correspondances entre notre corps et le sien, et bouger en conséquence nuque, épaules, rachis et bassin. Exemple : pour tourner, préparer en pesant à l’extérieur (cela évite qu’il ne se couche dans le cercle) et en s’incurvant soi-même depuis la nuque, reculer l’épaule intérieure et le soutenir avec la rêne intérieure tout en maintenant basse et fixe la rêne extérieure. Pour se faire une idée plus imagée, se référer aux images de tauromachie où de la Guérinière.

Premiers exercices pour s’entraçner à anticiper et à doser les aides : enchaçnement de 2 demi voltes renversées en changeant les aides sur la ligne droite, puis volte de 6m entre des plots au pas et au trot, puis sans les plots. Rien que ça, ce fut difficile car il faut songer à soi, aux aides, au cheval, à la géométrie des figures et à la canalisation des hanches, et avec un seul cerveau impressionnable, c’est pas assez ! Mais on s’en tire à peu près honorablement.

Deuxième séance : On se met au boulot. Après une courte détente, on travaille sur l’allongement du pas. Nouveauté là encore, ça ne sert à rien de pomper avec le bassin (à part défoncer le dos du cheval), mais il s’agit d’avoir la sensation d’être tirée par le col, de pencher un peu le buste, d’accompagner le mouvement occasionné, d’activer avec la jambe intérieure et de maintenir la mise en main par la rêne extérieure. Et c’est fou, ça marche !

Puis on a repris les voltes de 5m, dans les coins cette fois (mémo : peser à l’ext., vriller le corps, soutenir la main intérieure, incurver par la jambe int. et canaliser par la rêne ext.), puis les demi voltes renversées en 8 au pas et au trot.

Pour enchainer rectitude et incurvation, on bosse les serpentines, une fois au pas, puis direct au trot. Il s’agit d’anticiper la position à chaque fois et de veiller au tracer en remettant droit entre chaque courbe.

Puis, travail sur les départs au galop. On les fait du trot. Partir sur une piste int. (+/- 1m50 de la piste), puis rejoindre la piste en pesant à l’ext. et avec la jambe int. et demander au moment où l’on rejoint la piste. Cela évite qu’il ne parte en se traversant, uniquement avec la jambe extérieure. Puis on travaille sur la cadence sur de courts cercles, avec la même attention à la position (vriller le corps, soutien de la rêne int et maintient de l’allure et de l’incurvation par la jambe int.)

Remarque : Sirius se balade dans le couloir des aides, il va falloir être plus rigoureuse car il trouve facilement la faille pour s’échapper.

Jour 2 : L’EED

1. Je détend seule en reprenant les exo de la veille : les 3 cercles sur toute la largeur, des voltes de 6m dans les coins, les demi voltes renversées, allongements et départs au galop. Sirius se met rapidement au travail et reste concentré. On commence le travail en fixant les aides en multipliant les figures : voltes, demi volte, doubler et serpentine.

On attaque les épaules en dedans. Première remarque : ce qui muscle le cheval, ce n’est pas d’enquiller 30m d’EED où il va se crisper, mais l’alternance épaule / hanche. Il s’agit donc de laisser passer puis de retenir les épaules, d’aspirer le cheval en mettant le poid du corps vers l’extérieur, et d’imaginer un troll nous fonçant dessus depuis l’intérieur (donc, torsion du buste vers la croupe). Ecouter où l’on va et non regarder, alterner main et jambe pour mettre les épaules devant et mobiliser les hanches. Pour ce faire on commence par doubler sur la ligne médiane et l’on rejoint la piste comme indiqué (ne pas oublier le troll !). Puis même chose sur la piste.

2. La deuxième séance a pour objet la même chose, mais en plus poussé, notamment à propos de moi : il faut être moins figée, donc, me redresser, être plus souple dans les mouvements, ne pas le coincer dans une attitude et faire l’exercice, car il s’agit de l’assouplir, donc il faut mobiliser les différentes parties du corps de façon plus coulante.

L’EED travaille en pli intérieur, il faut donc laisser passer les épaules, puis les retenir pour déplacer les hanches. Cela fait plus jouer les muscles, assoupli davantage, n’enferme pas le cheval dans une attitude figée et favorise croisement/impulsion.

Observation de ses séances de travail : Il commence par détendre à la longe, puis le travail se fait au pas, puis au trot et enfin au galop. Il effectue beaucoup de changements de main, en cercle, puis en volte de 5m en 8, multplie les EED et contre EED, chasse et rentre les hanches sur le cercle, puis fait ce que¬¨‚Ćj’ appellerai « cession EED » (=cession doublée d’une EED, cf la séance précédente).

Jour 3 : EEd et Contre EED

1. La détente se fait comme d’habitude, cette fois Sirius est un peu crispé au départ, mais je parviens à davantage jouer sur le poids du corps, ce qui le met plus à l’écoute.

On démarre avec les contre EED : on part sur une demi volte, en rejoignant la piste on démarre une contre EED sur le grand côté, puis le petit côté où l’on enchaçne un cercle complet. Pour conserver la mise en main, retenir et laisser passer les épaules par la rêne intérieure qui va ver le jarret ext. + maintenir la rêne d’ouverture ext pour conserver le pli => la rêne ext. dirige et rassemble. Cet exercice se pratique au pas et au trot.

Puis on tente un enchainement : 1/2 volte, contre EED, 1/2 volte toujours en contre EED, redresser sur la ligne droite et départ au galop.

2. On commence à enchaçner divers exercices, au pas, puis au trot : d’abord doubler sur la médiane, partir en « cession EED » et faire des transitions pendant l’exo. Puis 1/2 volte, contre EED, 1/2 volte en contre EED, rejoindre la piste en « cession EED » et départ au galop. Enfin, on commence les EED au galop en doublant sur la médiane, puis « attention au taureau ! » on rejoint la piste en « cession EED ».

Remarque sur l’action des jambes : arrêter de l’asticoter ! Tenir la jambe droite et agir avec la cuisse et le genou avant le mollet. Attaquer à l’éperon s’il n’y a pas de réaction.

Remarque sur l’action des mains : les tenir devant et agir vers le haut (les ongles au ciel) et faire attention aux mouvements de poignet vers le bas, juste jouer avec les doigts.

Remarque sur l’action du buste : il n’y a pas forcément de transfert de poids, mais les mouvement partent de la taille et des côtes, puis s’étendent aux épaules et à la nuque. Le bassin ne doit pas se déplacer.

Petite balade champêtre à la suite de la séance. Réflexion à ce sujet : on est trop planplan, il n’est plus à l’écoute des jambes. Il serait donc bon de le mettre davantage en avant, de le rendre plus réactif à mes demandes. Autoriser les frayeurs et les sur-impulsions mais les contrôler, sans les réprimer (en profiter pour bosser !).

Jour 4 : vers l’appuyer

Je tente la détente à la longe. Pas mal, ça le gonfle toujours autant mais lui apprend à ne pas zapper les coins.

On passera la séance au pas. On reprend les exo d’EED (« cession EED », sur le grand côté et ajout d’un cercle en EED) et de contre EED (demi volte, C-EED, demi volte en C-EED et EED vers la piste).

Ex 1 :  demi cercle en EED et tête au mur une fois sur la piste

Ex 2 : demi volte, C-EED, demi volte en C-EED et une fois sur la ligne du milieu, appuyer. On profite de l’envie d’échapper à la contre épaule en dedans.

Ex 3 : doubler, EED vers la piste, laisser passer les épaules et faire une tête au mur sur la piste

Remarques : S’il se crispe, descendre la main ext. et monter la main int. . Dans l’appuyer, c’est comme l’EED : on laisse passer les épaules, puis les hanches.On retient les épaules par la main extérieure au mouvement. La seule différence est dans la colonne qui aspire vers l’intérieur (et ça c’est vachement dur !).

Voilà, un stage fort instructif et efficace, où j’ai réappris à monter à cheval et où on a commencé à avoir des mouvements fluides et souples. Cela laisse présager de nombreuses possibilités et une bonne progression ! Un grand merci à Simon et à Magalie pour leurs sages conseils et leur accueil des plus chaleureux !

Suite à ce stage j’ai un peu travaillé en balade et sur le site du GN, on passe bien tout cela, et on commence à avoir des EED et appuyers au galop pas mauvais du tout.

Video à venir….

images en vrac

on voit qu'après 3h de van il est à fond !

Des vilains petits canards aux cygnes

Nous voilà ensemble, et les premières questions du départ réapparaissent, notamment lors de l’achat de la première selle¬¨‚Ć: mais qu’est-ce que je vais faire avec ce cheval ? La réponse était toute trouvée : dressage et extérieur ! Pas de concours (c’est pourri et stressant) et que du loisir.

Un an est passé et cette vision des chose me fait bien marrer ! Beaucoup de points ont progressés, un monstre d’ambition s’est réveillé en moi et¬¨‚Ćles attentes¬¨‚Ćsont de plus en plus élevées au vu de notre progression commune¬¨‚Ć: l’objectif est à présent d’aller aussi loin que possible dans le dressage ! Si cela lui est possible (et ça l’est): changement de pied, piaffer, passage, pirouette. Je n’attends pas le niveau J.O mais au moins savoir le faire avec nos petits moyens.

Le challenge peut se résumer ainsi : comment passer d’un niveau club (pour le cheval et le cavalier) à la haute école ? D’autres y sont parvenu, pourquoi pas nous ? La route est longue et elle n’a pas commencée avec facilité :

Les débuts : Après quelques séances, je découvre un cheval adorable, qui apprend vite, accepte beaucoup de choses mais………froid à la jambe et dur à la main. Terrible, impossible de le mettre en main. Première difficulté, trouver un mors adapté :
Ne sachant rien de lui, j’ai donc bêtement commencé avec un olive simple brisure. Or le bestiau ne connaissait même pas la rêne d’ouverture, et, évidemment, la muserolle étant réglée à 2 doigts…. de camionneur, autant dire que l’action du mors était purement psychologique (et comme tout bon mâle qui se respecte, la psycho et lui, ça fait 12) et le mors voyageait allègrement en dehors de la bouche pour voir ce qu’il s’y passait.
Sur le conseil avisé du mono, nous sommes passé au mors à aiguille pendant un temps (4 mois). On récupérait de la direction, un peu, mais le frein ……. heureusement que le p’tit gros n’était pas un foudre de guerre, mais quand même, quand les gosses jouaient les fantômes dans les pêchers, c’était assez moyen et le mono apprécie rarement de voir une bestiole de 400 kg faire un écart sur ses pieds (allez savoir pourquoi…). Je sentais ses dents se serrer et plus rien d’autre dans les mains qu’une bûche ! Rien à faire.
Durant ce laps de temps, le dentiste passe, le mono lui parle de ce souci et verdict : Il semblerait que le Sire Yus ait les mollaires qui ont poussé autour d’un mors : il y a la marque d’un mors incrusté dedans ! Sympa ces espagnols quand même avec les bouches de leurs chevaux ! Donc lui, pas bête, il cale le mors dans le trou et hop, moi j’vais là-bas et toi en attendant tu fais ce que tu veux !
Du coup, au moins pour la balade, je suis passée au pelham droit en caoutchouc flexible, au cas où, et restais sur le mors à aiguille, pensant que le rabotage de dent y ferait quelque chose.
On est resté un moment comme ça, on stagne, on se bagarre, le cheval met trois plombes pour se placer (en même temps, il savait pas faire ça non plus), niveau sécurité c’est moyen. Le mono me fait essayer les bouboules (un machin sur-articulé qui ressemble à une chaçne de vélo), bof, trop dur à mon goût, pas de contact franc, j’oublie ça. Jusqu’à ce que j’en discute avec Sab, qui me suggère le double brisure, j’en prend un et, miracle, la bête se pose, le contact est franc, l’action efficace et fine et on peut enfin en faire quelque chose !
Le contact s’affine enfin.
Pour la balade aussi, j’ai baissé d’un ton et je mets un goyo droit.

Nous voilà calé pour devant, reste à travailler le reste et tout vient progressivement. Au bout d’un an en club (donc jusqu’en septembre 2009), nous en sommes aux bases que j’avais avant son acquisition : quelques cessions et EED pas trop moches au pas et au trot, pas grand chose au galop. Nous parvenions à sortir seuls sans souci et un GN est passé par là (voir « les métamorphoses »). Nous en étions donc au même niveau lui et moi. Mais, diantre, le monstre se réveille : « tu ne vas pas t’arrêter là quand même ! » Vidéo, spectacles et apirations secrètes font valoir leurs droits.

Après un déménagement du pépère vers de verts pâturages, je me sens enfin prête à le montrer ailleurs et nous voilà parti pour quelque chose de plus compliqué.¬¨‚ĆLà se trouve le challenge intéressant : ce n’est pas un cheval d’école, je ne suis pas une dresseuse¬¨‚Ćexpérimentée, mais nous allons tenter d’avancer de concert tous les deux !¬¨‚ĆLes stages nous ont permis une belle¬¨‚Ćprogression.

Etat des lieux : Nous en sommes à travailler à l’aise EED, Hanches en dedans et¬¨‚Ćà les enchaçner, cessions au pas et trot, reculer, transitions plus nettes et plus fluides. On commence¬¨‚Ćle travail des EED et HED au galop (son point faible jusque là).

Pour les « tours de cirque » nous avons le pas espagnol (à pied et monté), la révérence (à pied, monté et de loin), le campo (à pied), le « avé » (à pied et monté : il lève un antérieur et tourne autour), et le sourire sur commande.

Les objectifs à court terme sont : l’appuyer aux trois allures, le rassembler de ces allures, et le travail du galop (objectif pirouette). Il faudrait améliorer le pas esp et récemment, alors que je lui demandais un cabré, il m’a sorti le trot espagnol, à travailler donc. J’aimerais parvenir à le coucher mais il reste immanquablement sur la révérence….

La formation du couple

J’aurais pt’être dû commencer par là…

Voici donc une petite présentation de la bête, de¬¨‚Ćmoi-même¬¨‚Ćet de notre recontre :

Lui :¬¨‚ĆSirius (Gitan chez le vendeur, et …….chez son¬¨‚Ćpremier propriétaire) pourquoi ce nom ?¬¨‚ĆNonobstant mon¬¨‚Ćaffection pour Harry Potter, se trouve sur son nez quelques tâches blanches sur sa robe noire formant comme une constellation en accord avec son étoile en tête.¬¨‚Ƭ¨‚Ƭ¨‚ĆHongre, né en 2002, sans papiers. C’est tout ce que je saurais de lui et de son passé.

Moi : Julie, Prof de Langues Anciennes, cavalière ayant débuté vers les 10 ans. J’aime à dire que mon niveau équestre s’est déroulé comme suit : j’ai fait mon « primaire » en Guadeloupe où¬¨‚Ćen gros¬¨‚Ćj’ai appris¬¨‚Ćà tenir (et à tomber) sur cette grosse bête, beaucoup de CSO (que je n’aimais pas) et¬¨‚Ćun peu¬¨‚Ćde travail sur de jeunes chevaux fraichement débourrés (pas des foudres de guerre….on est aux antilles quand même et ils on 15ha pour se défouler). Deuxième étape : mon entrée au « collège » qui co‚àö√òncida avec mes études en France près de Montpellier, où j’ai appris le B.A. BA. du dressage : mettre un cheval en main, faire des EED, des figures de manège, commencer à chercher l’équilibre. Progression stoppée rapidement comme en Guadeloupe dans la mesure où l’on m’a souvent collé des chevaux ne sachant rien (spéciale dédicace à Oualou, jeune trotteur ataxique et un peu barré). J’ai fait un bref séjour en « fac » chez un certain Vendrell, éleveur, marchand de chevaux, superstar en camargue, qui m’a prêté ses chevaux afin que j’ai quelques sensations supplémentaires. Bref, pas de quoi pavoiser, un niveau club assez indigent, disons-le, et bien loin de mes aspirations équestres.

la rencontre :¬¨‚ĆEn 2008, j’ai les sous, une motivation intacte depuis 15 ans, c’est parti pour la réalisation du rêve de gosse ! Au vu de mon niveau et de mes aspirations, je m’oriente donc vers un cheval entre 5 et 7 ans en 2008. Sirius fut acquis suite à un véritable coup de coeur aux alentours de Remoulin, une visite, un essai en manège, en carrière avec d’autres chevaux et en extérieur 10 minutes. Rien d’exceptionnel, la bête ne bouge pas, pas assez même, froid à la jambe, s’appuie un peu sur la main (Goyo dans la bouche). Mais pas de vice, gentil et à l’écoute, cherche quand je lui demande des choses qu’il ne connait pas. Rien d’insurmontable donc. Je réfléchis, demande au maquignon de me laisser le déseller et le panser, il¬¨‚Ćse laisse faire (le cheval), donne les pieds, et on discute avec le patron, tout en restant dans le box. Et là : révélation ! Je¬¨‚Ćsens un truc m’attraper¬¨‚Ćune chaps et tirer le scratch. Devant mon geste de surprise Sirius se retire, pas effrayé pour un sou de mon geste, mais très fier de lui. Je me retourne il réessaye. Je me dis : « toi, mon pote, t’es fait pour moi ».¬¨‚Ć Nous voilà parti dès le lendemain, un deuxième mâle entrait dans ma vie.

Premier essai